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Grippe
Cf aussi. Grippe H1N1
Index
Incubation: 24 et 48 heures.
Contagieux: 1 jour avant et jusqu’à 6 jours après le début des symptômes.
Trois virus de la grippe sévissent, deux souches de la grippe A – H1N1 et H3N2 – et une souche de la grippe B. La souche H1N1 est majoritaire, elle représente 50 % des infections, suivie par la grippe B (28 %) et la souche H3N2 (17 %)
Clinique
50% sont pauci voir asymptomatiques!!! [source].
L’apparition brutale d’une toux fébrile (39-40° C) en période de circulation du virus grippal ou après un contact avec une personne atteinte de la grippe est une grippe jusqu’à preuve du contraire.
Il convient toutefois de rester attentif aux diagnostics différentiels [PILLY 2023].
- courbe de température en “V grippal” : élevée initialement, peut diminuer voire céder après 2-3 jours, puis remonter au 4-5e jour).
- Syndrome fonctionnel respiratoire : congestion nasale, rhinorrhée, douleurs pharyngo-laryngées, dysphagie, dysphonie, toux sèche et douloureuse (brûlures rétrosternales axiales) correspondant à une bronchite.
- Syndrome algique diffus : céphalées frontales et rétroorbitaires, arthro-myalgies, lombalgies, courbatures
- Signes physiques : énanthème pharyngé, râles sous-crépitants.
Le fiévre tombe en 4j mais la toux et l'asthénie et la toux persistent jusqu'à 2s
Chez des sujets non fragilisés, le rétablissement est complet après une à deux semaines.
Fréquentes asthénie et toux résiduelle (plusieurs semaines)
La grippe chez le sujet âgé
Les mêmes signes cliniques que chez l’adulte sont retrouvés mais de façon plus frustre.
Ils peuvent être associés à une dyspnée, à une confusion mentale, à une déshydratation ou à des signes digestifs.
Les principales complications sont des défaillances cardiorespiratoires.
La grippe chez l'enfant
Lorsque l’âge est inférieur à cinq ans, l’expression clinique diffère souvent de celle de l’adulte : une somnolence (50 %) et des symptômes gastrointestinaux (40 %) sont fréquents.
Les complications les plus fréquentes sont l’otite moyenne aiguë et les convulsions lors des poussées fébriles chez près de 20 % des enfants âgés de six mois à cinq ans hospitalisés.
Terrains à risque de complications?
Selon [PILLY 2023]:
- immunodéprimés : en particulier cancers, hémopathies malignes (transplantés de cellules souches hématopoïétiques), mmunodépression cellulaire (transplantés d’organe solide, VIH), drépanocytose
- grossesse : risque maternel (surmortalité chez la femme enceinte par défaillance cardio-respiratoire) et foetal (avortement, rématurité, malformations congénitales neurologiques)
- nourrisson < 6 mois
- sujet âgé age?
- la triade des insuffisances : cardiaque, respiratoire, rénale qui peuvent décompenser
- diabète
- obésité
Risques / Complications
- Décompensation de comorbidités
- Infection Pulmonaire
- Surinfection bactérienne "secondaire" pulmonaire: chez le sujet âgé entre J5 et J7 jusqu’à J14: souvent après une amélioration initiale des symptômes grippaux. Réapparition de symptômes fonctionnels respiratoires à type de toux productive muco-purulente ou hémoptoïque, dyspnée et douleur thoracique associées à une récurrence fébrile. Faire une RP: condensation(s)
parenchymateuse(s). AUGMENTIN même pour les jeunes.
Prise en charge comme une pnpa grave ?
- Pneumopathie interstitielle et SDRA: "Pneumonie bactérienne primaire" Rare, grave. Tableau de pneumopathie alvéolointerstitielle hypoxémiante rapidement évolutive vers un SDRA évoluant d’un seul tenant après la déclaration de la grippe, nécessitant une hospitalisation en réanimation. RP: syndrome alvéolo-interstitiel en règle bilatéral avec CRP élevée.
- Myocardite, péricardite
- TVP / EP: Syndrome inflammatoire et état pro-thrombotique
- Méningite
- Encéphalite: Confusion, agitation, convulsions, troubles de conscience
- Myosite virale: Myalgies intenses, localisées ou diffuses, impotence fonctionnelle. CPK élevées possibles (mais pas toujours). Attention au passage à la rhabdomyolyse.
- Rhabdomyolyse: Urines foncées, douleurs musculaires importantes, faiblesse musculaire marquée. CPK très élevées, risque d’insuffisance rénale aiguë.
- Syndrome de Reye apres prise d’aspirine: association rarissime d’une encéphalite aiguë et d’une hépatite aiguë fulminante survenant lors de la prise d’aspirine au cours d’une grippe, principalement de type B, essentiellement chez l’enfant
- Otite / Sinusite
A mettre en conclusion dans le dossier médical:
- Pas de terrain à risque
- Pas d'argument pour une décompensation respiratoire ni d'une autre co-morbidité
- Pas d'argument pour myosite ou une rhabdomyolyse
- Pas d'argument pour une atteinte neurologique centrale
- Pas d'argument pour une atteinte cardiaque
- Pas d'argument pour une complication thrombo-embolique
- Pas d'autres complications patentes.
Le dossir médical doit donc contenir:
- Les antécédents et co-morbidités
- "bien conscient, pas de confusion"
- "Fait des phrases complètes sans essoufflement" CRP Fr et SaO2 voir RP et gazo si anormales
- troponine et BNP si douleur thoracique affirmée hors courbatures
- CPK si douleurs musculaires affirmées hors courbatures
- DDimeres, ECG, gazo si EP evoquée
Demander
RP
RP: peut etre normale. Foyer dans la pnpa secondaire, interstitiel bilat dans la primaire.
Bio
DONC (?) demander: CRP, Gazo, tropo BNP, CPK, DFG urée creat
CPK:
Surtout indiquées si:
- Myalgies très importantes, localisées ou invalidantes → Suspicions de myosite virale ou de rhabdomyolyse
- Asthénie + douleur/raideur d’un groupe musculaire ± impotence fonctionnelle→ Myosite focale, surtout chez l’enfant
- Urines foncées, diminution du diurèse. - Créatinine qui monte, troubles hydro-électrolytiques: rhabdomyolyse
- médicament à risque musculaire: Statine, association avec inhibiteurs CYP3A4
- déshydratation: Grippe + déshydratation → fragilité musculaire majorée
Résultat:
- CPK modérément élevées (ex. < 5N) dans un contexte de myalgies diffuses : Fréquent dans les viroses, peu spécifique. Confirme une myosite virale modérée, sans conséquence pratique majeure si la fonction rénale est normale.
- CPK franchement élevées (souvent > 5–10N): Fait suspecter une rhabdomyolyse → impact direct sur la conduite :
- Surveillance rapprochée de la créatininémie et de la kaliémie.
- Stratégie d’hyperhydratation IV si compatible avec le contexte respiratoire/hémodynamique.
- Adaptation ou arrêt de molécules néphrotoxiques / myotoxiques
Sinon
Les examens microbiologiques n’ont aucune indication lors d’une grippe saisonnière non compliquée [PILLY 2023].
Hospitaliser?
Apprécier la gravité du patient :
- d’une part l’appartenance ou non à un groupe à risque et
- d’autre part la présence ou non de signes de complication de la grippe (pneumonie, complication neurologique ou cardiaque).
CAT
Tt Symptomatique
Polémique sur l'efficacité du PARACETAMOL [effect_of_paracetamol on_influenza_infection].
CI ASPEGIC
NB ; proscrire aspirine, AINS et corticoïdes.
Inefficacité antitussifs et fluidifiants bronchiques [PILLY 2023].
Antiviral = TAMIFLU?
UPDATE 2025:Il y a un article tous les ans sur la place des anti-viraux dans le traitement de la grippe. Une fois encore, l'inutilité des traitements disponibles en France (ozeltamivor et zanamivir) est confirmée. Mais, cette méta-analyse en réseau a étudié tous les antiviraux disponibles dans la grippe. Et il semblerait que le baloxavir pourrait réduire le risque d'hospitalisation chez les patients à haut risque. Mais, il y a peu d'études le concernant, et sur cette analyse, la réduction du risque d'hospitalisation n'est pas significative patients pour 1000 traités) . Enfin, il réduirait significativement les symptômes de 1 jour.
Problème: c'est toujours dans les prtocoles.
Vaccin
En pratique, après un vaccin contre la grippe (vaccin inactivé, virus tué) on peut voir :
- Fièvre “bénigne” post-vaccinale
- Typiquement < 38,5–39 °C
- Début dans les 6–24 h, rarement après 48 h
- Durée 24–48 h en général
- Souvent associée à myalgies, arthralgies, céphalées, asthénie, douleur au point d’injection
- Mécanisme : réaction inflammatoire à l’antigène viral et aux adjuvants, pas d’infection active (virus inactivé).
Régulation
Problème: ils vont tous "tres mal".
- Est-ce que l’essoufflement l'empêche de parler normalement (obligé de reprendre votre souffle au milieu des phrases) OU de faire quelques pas dans la pièce ?
- Est-ce qu'il boit et urine suffisamment et normalement ? (et sans BM!)
- Est-ce qu'il répond bien quand on lui parle?
- Depuis combien de temps a-t-il de la fièvre (Cs si plus de 5 jours sur terrain à risque)
- A-t-il parmi les courbatures un endroit qui lui fait plus mal que les autres? (Dl Tho, myosite localisée, rhabdo)
Sources