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Gale






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Ectoparasitose due à Sarcoptes scabiei var. hominis. Transmission par contact cutané prolongé (≥ 15 min), plus rarement par le linge/literie. Le sarcopte ne survit pas plus de 24-48h hors de l'hôte (jusqu'à 72h pour la forme croûteuse, beaucoup plus contagieuse).

Clinique (gale commune)

Incubation 3 semaines (1 à 3 jours seulement en cas de réinfestation, car sensibilisation préalable). Deux signes cardinaux:

Formes cliniques

FormeTerrainParticularités cliniquesImplication pratique
Gale commune Adulte/grand enfant immunocompétent Prurit nocturne + sillons aux mains/poignets. Quelques dizaines d'acariens. Traitement standard (ivermectine PO + perméthrine, J0 et J8-J14).
Gale du nourrisson < 2 ans Localisations atypiques: visage, cuir chevelu, paumes, plantes. Vésicules/pustules palmo-plantaires évocatrices. Nodules axillaires. Agitation, refus de téter. Perméthrine OK dès 2 mois (visage et cuir chevelu inclus). Ivermectine CI si < 15 kg.
Gale du sujet âgé EHPAD, alité Prurit souvent dorsal (rare en gale commune), atteinte du dos. Lésions atypiques (eczéma-like). Sous-diagnostic fréquent. Y penser devant tout prurit en collectivité. Risque épidémique +++.
Gale des "gens propres" Adulte hygiène ++ Peu/pas de lésions visibles, prurit isolé. Sillons rares. Diagnostic clinique difficile → traitement d'épreuve si entourage prurigineux.
Gale profuse / disséminée Sujet âgé, immunodéprimé, retard diagnostique Lésions étendues sur tout le corps (dont dos), érythème diffus, mais pas d'hyperkératose. Charge parasitaire intermédiaire. Traitement combiné ivermectine + perméthrine, dépistage large de l'entourage.
Gale croûteuse (= norvégienne, hyperkératosique) Immunodéprimé (VIH/CD4 bas, corticothérapie générale ou locale, immunosuppresseurs), sujet âgé dénutri, déficient mental Hyperkératose farineuse diffuse (palmo-plantaire, unguéale, cuir chevelu), érythrodermie possible. Prurit discret ou absent. Millions d'acarienscontagiosité extrême (transmission par simple contact, voire aéroportée par squames). Hospit + isolement strict. Ivermectine J0/J8/J15 ± plus, perméthrine répétée, décapage kératolytique. Tous les contacts du 2e cercle à traiter.
Gale bulleuse Sujet âgé surtout Bulles tendues mimant une pemphigoïde bulleuse. Penser à la gale devant toute "pemphigoïde" avec prurit et contexte évocateur.
Gale nodulaire (forme post-traitement) Tout patient traité Nodules infiltrés persistants (OGE, aisselles, plis) plusieurs semaines à mois après guérison. Réaction d'hypersensibilité, pas de parasite vivant. Ne pas retraiter par scabicide. Dermocorticoïdes classe forte.

Traitement

La gale est une affection très contagieuse:

Le sarcopte restant localisé dans la couche cornée de l'épiderme, le traitement repose sur un scabicide topique et/ou systémique. Toujours répéter le traitement à J8-J14 (pour tuer les larves issues des œufs résistants à la 1ère application).

En pratique (gale commune)

Alternative si application locale difficile, refusée, ou en collectivité.

Alternative si perméthrine indisponible. Plus irritant.

Gale croûteuse / hyperkératosique

ATT: Malgré un traitement bien conduit, le prurit peut persister 2 semaines, après son arrêt. Au delà, la persistance d'un prurit après traitement antiscabieux doit faire penser à une réaction allergique ou d'irritation, à un prurit psychogène, à une recontamination, à un traitement insuffisant, ou à une résistance au produit utilisé.

Dans un local sans présence humaine pendant 72 heures, le parasite meurt car il ne peut survivre sans contact humain.

Cas contacts

Stratifier selon le niveau de contact. Traitement simultané de tous les sujets traités (cas index + contacts) au même jour, et renouvelé à J8-J14.

Le même jour, faire la décontamination du linge et de l'environnement (linge à 60°C; sinon sac fermé 72h ou aérosol A-PAR), à renouveler à J8-J14.

Sources